Sa propre ressemblance

On naît dans une dissemblance, et l’écrivain, dirait-on, de la façon la plus nécessaire.

Tout son effort sera de frayer le chemin d’une autre origine, de laisser advenir les choses comme virginalement : de les laisser apparaître pour qu’un « moi » simultanément se découvre dans cette apparition et retrouve en elle sa propre ressemblance. Ce processus de désencombrement, de déconditionnement, est une traversée inajournable, en vue de savoir « qui je suis avant de mourir » (Chappaz).

Alain BERNAUD, Passages de Maurice Chappaz.
Dans la recension de « Maurice Chappaz » de Christophe Carraud, Seghers, 2005.

Réfléchir

Est-ce que l’appauvrissement général va enfin nous faire réfléchir plus clairement à notre nature, comme à ce qui nous appartient en propre de beau, de digne, si bien que, si nous devons mourir, nous le ferons avec une conscience plus nette, et que, si nous devons vivre, ce sera avec plus de justice.

Georges Séféris, 25 juin 1940