Une maison de campagne

Vous savez ce que c'est que d'ouvrir une maison de campagne. Vous faites irruption avec votre carton de provisions et votre grand sac de livres. Vous les abandonnez dans un coin et vous vous précipitez vers la fenêtre du côté opposé pour regarder au-dehors. Entrer dans une maison de campagne, c'est comme une naissance, à la différence que nous ne naissons pas avec un grand carton de provisions et un grand sac de livres, à moins qu'on ne considère ces derniers comme des symboles métonymiques de la culture. Ouvrir une maison de vacances, c'est naître dans les conditions suivantes: au moment où l'on pénètre dans la maison, on a tout le temps dont on disposera jamais.

Annie Dillard, Apprendre à parler à une pierre.

En souvenir des maisons de campagne que j'ai occupées avec bonheur dans les quinze dernières années: Saint-Théodard, La Rivière, Le Chaticot.

Le diable

(…) il ne faut pas croire que le diable ne tente que les hommes de génie. Il méprise sans doute les imbéciles, mais il ne dédaigne pas leur concours. Bien au contraire, il fonde ses grands espoirs sur ceux-là.

Baudelaire, cité par Olivier Rey [Méditations yonvillaises, in Conférence n°41, p. 241]

Un paysage italien

Scottish National Gallery, octobre 2016. Je reste en arrêt devant le petit paysage peint par Richard Parkes Bonington 1802-1828, comme devant un rêve : celui d’un monde perdu, paradisiaque. Et pourtant, l’Europe sortait des grandes années sombres du bonapartisme, des guerres incessantes. Mais quand Bonington s’installe en France (dès 1818) puis voyage en Europe (à partir de 1821), le vieux continent est provisoirement pacifié et le romantisme se déploie sur fond de restauration.

Ce paysage est italien sans doute, du moins c’est comme cela qu’il m’apparaît. Il n’est pas tout à fait exempt d’inquiétude et pourtant, au premier regard, dans l’automne de cette visite écossaise, j’y sens toute la douceur d’un rêve perdu. Partir ! Aller là-bas …

Dans un conte chinois très vieux

Dans un conte chinois très vieux, il y a une maman qui, pour guérir son enfant condamné par les médecins, fait un arrangement avec un diable. Un arrangement très compliqué, avec des déserts, des grillons géants, des villes disparues, tout un périple, mais l’enfant guérit. Et plus tard, au moment des fêtes (des Jours de l’An chinois), la maman se demande quoi donner au diable. Continuer la lecture de « Dans un conte chinois très vieux »