Ce que je fais m’apprend ce que je cherche

Je relis et extrais des notes du Journal IV de Charles Juliet. Je suis frappé de la coïncidence lorsqu’il cite Soulages: Ce que je fais m’apprend ce que je cherche.

Il ajoute: Impossible de dire plus brièvement ni avec des mots plus simples que peindre – écrire – c’est aller au devant de ce qui cherche à venir au jour, et à travers cela, au devant de la découverte de soi. C’est aussi dire dans le même temps que l’oeuvre ne peut en aucun cas procéder d’une idée qui lui préexisterait. Elle doit s’élaborer au fur et à mesure qu’elle prend forme.

Dans un article précédent [La découverte progressive de l’inattendu], je notais combien le chemin était plus important que le but, combien la découverte dépassait l’idée préconçue. La formule de Soulages trouve à s’illustrer dans toute forme de création. Juliet le notait pour l’écriture, elle m’apparaît tout aussi évidente pour la musique.

L’expressivité du sensible III

Après L’expressivité du sensible I et II, voici la première et courte présentation du travail que nous proposons aujourd’hui, Thierry Heynderickx et moi, aux chanteurs, chefs de chœur et ensembles constitués. C’est une première approche, un chantier que nous souhaitons développer, dans la ligne de ce que j’ai explicité dans les deux premiers posts.

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La trace

[Ce post fait suite à L’expressivité du sensible, L’expressivité du sensible II]

Il est intéressant de noter que, à partir du travail du mouvement dans la pleine conscience du corps, s’installe une trace. Elle s’inscrit progressivement – dans la mémoire corporelle, dans l’écoute individuelle et collective. La répétition n’est plus alors un espace de reproduction technique, mais se vit comme une expérience répétée, renouvelée, d’expressivité, qui inscrit cette trace : trace de mobilisation du système nerveux, trace émotionnelle, trace de sens. C’est bien là pour moi l’enjeu véritable du travail répétitif.

Il est question du rapport au corps / à sa liberté / à son expressivité. Qui modifie complètement l’expression musicale, la qualité, l’émotion, et donc la transmission. Là tout se joue.

L’expressivité du sensible II

Ce post fait suite à L’expressivité du sensible. J’en tire des pistes de travail pour les chanteurs/chanteuses.


  • La recherche des sources d’expressivité dans la voix incarnée/incorporée. Le rapport au souffle, qui est la clé, le vecteur, l’instrument véritable. Le rapport au corps comme instrument complet, non clivé, « organisme-personne ».
  • Travailler sur les micro-mouvements (intérieurs et extérieurs). Développer l’attention, l’écoute interne, individuelle, mais aussi collective, en pratiquant les échanges de micro-mouvements (mobilisation pour autrui, de l’épaule, du cou, de la tête, du bassin, etc …).
  • Partager la sensation du toucher ; de la chaleur, …

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